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Histoire de la Chèvre Savoyarde

Les références historiques connues, ainsi que les nombreux témoignages d’éleveurs anciens , concordent tous pour confirmer qu’autrefois les chèvres Savoyardes formaient une population d’animaux avec une grande diversité de robes. Généralement cornues, ces chèvres à poil ras, présentaient une multitude de couleurs de robes, allant du noir au blanc, sans oublier bien entendu le type chamoisé.

Le type chamoisé, qui s’est répandu dans toutes les régions depuis la dernière guerre, n’était autrefois qu’une variété parmi plusieurs types de robes (aujourd’hui la chèvre des Savoie regroupe toute la population caprine alpine non chamoisée).

Éleveur réputé, Marcel Laissus a témoigné de sa vie de chevrier dans le n°85 de la revue « La Chèvre », en 1974. C’est ainsi qu’il évoque les chèvres des Savoie :

  • 1926 : « je suis émerveillé par les alpines du concours général : des noires et des polychromes. En avril je vais chercher Agha des Cavales, chevreau polychrome cornu » (120F)
  • 1928 : Mariage et installation comme éleveur. Départ en Savoie en mai. « Je ramène 7 chèvres et 2 chevrettes… En automne, j’en ramène 40 pour mes amis et moi même. La mode est aux blanches mottes, je préfère les cornues de n’importe quelle couleur. Je cherche le type et la qualité laitière. »
  • 1930 : Mâcon, un concours laitier de 24H. Une adulte fait 7,180 kg de lait, une jeune d’un an de 4 kg. Vive les alpines !
  • 1964 : « je retourne en Savoie, surprise ! La mode est aux chamoisées. Forte demande, pour la satisfaire, on élève tout ce qui est rouge et motte, mais on perd lait et robustesse. »

Testimonial Témoignage
Témoignage
Marcel Laissus

Les deux principaux caractères communs de ces chèvres montagnardes étaient :

  • la rusticité, avec une adaptation aux dures conditions de vie en montagne (comme la longue claustration hivernale, l’aptitude à la marche et la valorisation des pâturages d’altitude).
  • une orientation laitière certaine, car le lait et les fromages étaient auto-consommés par la famille, même si la viande salée de chèvre et les chevreaux lourds étaient aussi appréciés.

Dans les villages, la majorité des familles, souvent nombreuses, avec enfants et grands parents possédaient quelques chèvres. L’été, les vaches partaient en montagne tandis que les chèvres restaient au village, dans la vallée.
En 1922, des chèvres savoyardes furent exportées aux États-Unis, depuis, la race Alpine s’est fortement développée aux États-Unis pour devenir de nos jours la principale race.

Alpines exportées aux États-Unis au début du 20ème siècle
Quand les premiers colons arrivèrent aux États-Unis, de 1590 à 1700, ils amenèrent avec eux leurs chèvres laitières (de Suisse, d’Espagne et d’Autriche). Les chèvres espagnoles et autrichiennes ressemblaient aux suisses, bien que plus petites. Les croisements donnèrent « la chèvre commune américaine. » 1904 fût un tournant pour les chèvres aux États-Unis : le français Joseph Crépin et le canadien Oscar Dufresne exportèrent un groupe d’alpines en Californie et au Canada :

  • de 1904 à 1922, 160 Saanens furent exportées
  • de 1893 à 1941, 190 Toggenbourg furent exportées

En 1922, Dr Charles P. Delangle, Mary E.Rock, Charles O.Fairbanks et Joseph Crépin exportèrent 18 chevrettes et 3 boucs venant de France, ou l’alpine était la race la plus populaire. Les français avaient sélectionné les alpines pour qu’elles soient de bonne taille et très bonnes laitières. Aujourd’hui, on la retrouve sous le nom « French Alpine. » Toutes les alpines pure race aux États-Unis descendent de ces 18 chèvres provenant des Alpes françaises !

Testimonial L'exportation des alpines aux États-Unis
L'exportation des alpines aux États-Unis
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